Chute Libre

Monday, January 02, 2006

Misere Mani

Un nom qui s'agite en moi depuis plusieurs années déjà. Un projet d'écriture, reposant sur ma vision du seul avenir que je parviens à envisager. Projection de mon moi sur plusieurs siècles, mâtinée de toutes les émotions que j'ai pu ressentir depuis ma naissance. J'ignore pourquoi, c'est ce nom-là que je retiens, qui se fait écho de ma propre pensée, me perdant jusque dans les heures les plus avancées de la nuit. Intime conviction, je dois travailler là-dessus, je dois développer l'ensemble cohérent qui s'y rattache mais que je peine encore à distinguer.

Misere Mani...

Un visage aux multiples facettes, une création qui ne peut se limiter à un seul point de vue. J'ignore ce que je dois en faire, pourtant l'idée existe en moi. J'ignore ce qu'elle est, ni même où elle me portera. Etrangement, j'ai presque la sensation que cela ne m'appartient pas. Misera Mani, un flux qui ne fait que transiter par mon âme. Un flux auquel je dois donner corps sans savoir exactement comment faire. Le doute, l'hésitation, m'assaille depuis que j'en ai conscience, depuis que j'ai ce nom en tête. Un peu comme si une muse particulièrement sadique m'avait juste dit: "et tiens, je te donnes ça, à présent débrouille-toi pour en faire quelque chose !". Si seulement je savais pourquoi, si seulement je savais comment, si seulement je savais où et quand.

Certaines idées nous dépassent. Kant en avait fait de la métaphysique. Moi je suis juste une poupée de chair, qui possède quelque chose ne lui appartenant pas. Un enfant maladroit et craintif qui sait devoir accomplir quelque chose, sans pour autant en avoir réellement conscience. Misere Mani, c'est un peu mon inconscient malade, un inconscient que je partage avec le reste de l'humanité. Je pense à l'Arbre des Possibles de Bernard Weber, un projet ambitieux qui est censé décrire les visions que l'humanité toute entière se fait de l'avenir. Des éventualités s'entrechoquant avec insolence, hurlant leur matière aux visages de dieux dépersonnifiés. Moi j'ai juste ce Misere Mani, petit quelque chose formé de rien. De la glaise, à laquelle je dois donner un souffle.

Machinalement, j'ai créé un nom de domaine. Je pense que ça me servira. Sans savoir vraiment comment. Peut être dois-je commencer par laisser tomber tous mes projets actuels, peut être que je dois entamer l'aventure en créant un Blog. Oui, mais pas comme celui-ci, ni comme l'Inconstance. Je dois faire quelque chose de précis, de particulier. Parler de moi n'est en rien intéressant. Ma vision du monde est inutile. Misere me dépasse, je lui suis simplement soumis.

Je cherche, encore et encore... Je continue... Je dois trouver...

Un parfum d'infini...

2006.

Si l'on additionne tous les chiffres, l'on en obtient 8. Chiffre important, sans doute le plus révélateur, puisqu'abordant le principe même d'infini... Du moins s'il nous prend l'envie de le coucher. Ca me rappelle quelque chose que j'avais entendu, une idée intéressante comme quoi ce n'était que dans l'acte sexuel, et au moment très précis de l'orgasme, que l'Homme (l'individu humain, mâle ou femelle), pouvait contempler le visage de dieu. A l'horizontale, donc, une fois de plus. Dieu correspondant bien à l'idée que l'on se fait de l'infini, je ne peux pas m'empêcher de penser que nous devrions tous vivre couchés pour mieux perçevoir notre nature profonde.

2006...

Sincèrement, j'ai envie de croire que ma vie pourra être différente. Bien que je sache qu'aucun problème ne se règle de lui-même, enfin sauf à Lourdes il paraît, j'aimerais me sentir plus fort, plus vrai. J'aimerais me sentir moi-même, ne plus resté emprisonné par toutes ces années de déception. Prendre confiance en le genre humain n'est pas ma priorité, du moins elle ne l'est plus. J'ai été aimé, j'ai aimé, à présent je dois m'aimer pour pouvoir, un jour, aimer de façon universelle. Ces quatre étapes pourraient m'amener à me libérer de toutes les contraintes que je me suis imposé, autant sur le plan professionnel que personnel.

Depuis mon enfance, je n'ai eu de cesse de chercher à me révéler. Pas aux autres, une fois encore, mais avant tout à moi-même. J'ai conscience de mes failles, de ces faiblesses qui m'ont amené, au fil des ans, à me renier, à me détester même. Comme chacun, j'ai essuyé des défaites, et remporté des victoires, sans jamais que cela ne m'apporte cette révélation à laquelle j'aspire autant. Je cherche, je pense, je pleure, je ris, sans trop savoir vers quoi me diriger. J'aimerais simplement prendre conscience qu'il est possible que mes rêves se réalisent. Mon état me fait penser à ces moments où l'on cherche son mot, et qu'on a la sensation de l'avoir sur le bout de la langue. On trépigne, on crie, on grimace, on se concentre de toutes nos forces sans que cela ne vienne. Et puis, à l'instant précis où l'on s'y attendais le moins, on le retrouve. Sur un déclic, sur un souffle.

2006... J'aimerais que cela soit l'année du souffle. De la paix. De la sérénité. Je suis épuisé de me battre avec moi-même, avec les autres. J'ai besoin de pouvoir me lever le matin sans me sentir brisé, éclaté, et vide. Je dois y arriver, je pense que je n'ai, de toute façon, plus le choix.

Saturday, December 31, 2005

L'année est morte, vive l'année !

31 décembre. Pluvieux, maussade. Comme mon moral. Période intermitente, faisant la jonction entre un Noël hypocrite et un jour de l'an plaintif. On fête l'année qui s'en va, pour mieux célébrer celle qui arrive. Pure foutaise, de toute manière elles se ressemblent toutes.

Dix jours que je n'ai pas écrit ici. Aucune excuse particulière, si ce n'est un manque certain d'enthousiasme. Autant pour l'écriture que pour la vie. Parce que, si les années se suivent et se ressemblent, il en va de même pour mes journées. On se lève, on mange, on discute, on baisote, on se couche, et on espère rêver. On espère. Oui, ça se résume à ça. L'espoir mâtiné de ces rêves dont on ne garde que la saveur. La saveur, et un lointain souvenir. Et puis, quelque part, mes rêves aussi se ressemblent. Toujours la même histoire.

Narrateur et acteur. Je me vois, de l'extérieur. Parfois celui que j'entrevois est un enfant au regard triste, parfois un infirme défiguré. Mais il s'agit toujours de moi. Un moi brumeux, dilletante, aux mille visages. Je suis extériorisé à moi-même, témoin silencieux qui ne peut que constater ce qu'il ne parvient pas à admettre. Sensation de n'être rien d'autre qu'un personnage de fiction. J'existe en tant que Fred, mais aussi en tant qu'objet de Fred. Egocentrisme poussif me menant à un narcissisme ravageur et, finalement, handicapant. J'en finis par ignorer qui je suis, sans que cela ne me préoccupe vraiment. De toute façon, de ça aussi je m'en fous. Peu importe l'identité que je décide de revêtre, j'en reviens sans cesse aux mêmes conclusions.

Je n'ai jamais existé.

Tuesday, December 20, 2005

Un lundi orageux...

Lundi étrange, très étrange. Dimanche soir, A. m'a appelé. Voilà quelques mois, nous avons vécu une histoire d'amour teintée de passion, une histoire basée avant tout sur un coup de foudre intellectuel. Ca n'a pas duré, j'y ai mis un terme. Sans raison particulière, juste parce que notre éloignement géographique ne parvenait pas à me convaincre que cela puisse marcher. Depuis, nous restons en contact, en nous appelant de temps à autre pour nous donner des nouvelles.

Depuis, je suis avec L., et elle avec H. A chaque fois que nous nous parlons, cela me laisse un goût amer dans la bouche. Je suis sincèrement heureux pour elle, comme je suppose l'être pour moi, mais cette histoire me laisse un goût d'inachevé. A., de son côté, semble avoir quelques difficultés à m'imaginer avec L.

Dimanche soir, donc, coup de fil de A. Me trouvant au même moment avec L., je n'ai pas pris soin de décrocher. J'ai simplement écouté son message vocal, rien de plus. La nuit a suivie, inexorablement, une nuit sans rêve pour moi, mais agitée pour L. Le matin suivant, elle m'a confié avoir rêvé de notre rupture. Je la quittais pour retourner avec A. Un rêve suffisamment réel pour la laisser tremblante, et hagarde.

Hier soir, j'ai dis à L. que je souhaitais rester seul pour la soirée. Je ressentais le besoin de me ressourcer, de travailler sur mes projets, de me sentir libre. Immédiatement, elle a pensé que je comptais rappeler A. Bien sûr, je ne l'ai pas fait. Je n'aime pas jouer de double-jeu, mon envie de solitude était la plus sincère qui soit.

Aujourd'hui, je me sens mieux. Face à l'écran de mon portable, je me sens d'autant plus vivant que je parle, enfin, de moi. Finalement, au commencement était peut-être le Verbe. Pour exister, une chose ne nécessite-t'elle pas d'être nommée ?

Un immoblisme contemplatif...

Fatigue, grosse fatigue.

Voilà mon troisième jour de vacances. Samedi dernier, j'avais plein de projets en tête: me détendre, écrire, rêver. Le bilan de ce mardi n'est pas des plus probants. Je ne fais rien, me laissant porter par un état végétatif des plus troublants. Envie de rien, peur de tout, je ne sais pas vraiment où j'en suis. Je ne parviens même pas à ouvrir mon traitement de texte pour tenter d'y écrire une histoire. Le cahier de notes que j'ai acheté samedi dernier reste égal à moi-même, c'est-à-dire désespérément vide. Globalement, je cherche donc l'inspiration sans pour autant me forcer à l'obtenir.

Ma vie, depuis les trois derniers jours, consiste à retenir mon souffle. Je furète sur Internet, sans aucun objectif concret. Je visite des sites, des Blogs, et je m'abreuve de la vie d'autres personnes comme si je me trouvais incapable de mener la mienne. Voilà, je vis donc par procuration. Sans passion, sans désir, comme une coquille vide, fragilisée et prête à se rompre au moindre engagement. Parfois, je me dis que je dois avoir un problème. Autours de moi, des gens font plein de choses, mènent une vie trépidante et font tout pour réaliser leurs rêves. Moi, je suis juste capable d'y songer vaguement, sans pour autant chercher à m'y investir. Comme si cela ne servait à rien. Comme si je ne désirais plus croire en leur possible réalisation.

Par moments, je jette un regard vers mon chat. Il ne fait rien, mais même son rien semble plus important, et plus vrai, que le mien. Il se lève, mange un morceau, se couche, joue après un sac plastique qui traîne par terre depuis la semaine dernière. En gros, il mène sa vie de chat. Aucune exigence, à part satisfaire ses besoins primaires. Aucune passion, aucun désir, il se contente de respirer à sa cadence, sans s'inquiéter de trouver de quelconques occupations. Alors, je calque ma respiration sur la sienne, pour tenter d'y trouver les réponses à mes questions. En vain, de toute façon celui qui percera les mystères des chats n'est pas encore né.

Bon, et si j'essayais d'écrire une histoire ?

Sunday, December 18, 2005

Pauvre crétin...

Et sombre imbécile...

Je m'étais promis, avec ce Blog, de parler de moi. Et voilà que je recommence comme avec l'Inconstance, à évoquer des points de vue généralistes, des idées et concepts. A croire que je ne suis même pas capable de me tenir parole. A croire que je ne peux pas assumer mes propres décisions.

Ce matin, je suis tombé sur un Blog intéressant, celui d'une trentenaire cynique et désabusée, en proie à des questions somme toute parfaitement raisonnables. Les autres je... Sans même m'y attendre, j'ai pris un certain plaisir à lire certaines de ces notes. Rafraichissantes, c'est sans doute le bon mot...

Ce midi, repas chez L. A coups de sandwitchs et de sourires, nous avons pu discuter de la façon dont nous envisageons la vie. De nos peurs, et doutes, également. Pour finir, nous avons fait l'amour, avant qu'elle ne parte travailler. Etrangement, je ne peux pas m'empêcher de m'interroger. Pas tant sur elle que sur moi. Depuis mon adolescence, j'ai enchaîné les histoires d'amour fatiguantes, volant de femmes en femmes, sans jamais vraiment prendre le temps de me retrouver. Et puis, il y a environ deux ans, je me suis retrouvé seul. Seul, et finalement serein. J'ai tellement de choses à faire, tellement de projets à mettre en oeuvre. L'envie d'écrire, qui me taraude de plus en plus, même si j'ai déjà souvent pris la plume pour raconter mes histoires.

Sauf que cette fois, j'ai envie d'en vivre. De faire carrière. Pas pour une quelconque reconnaissance, mais simplement parce que je sens que cette envie devient un besoin, et donc une nécessité. A toujours bosser pour les autres, on finit par s'étioler, par se perdre. Marre des autres, des chefs frustrés, des collègues aux dents longues, de l'hypocrisie. Marre de tout ça, juste envie de me suffire à moi-même, et de ne plus avoir à subir tout ça.

Friday, December 16, 2005

La chute salvatrice...

La ritournelle des visages vides. Je la goûte, quitte à m'en abreuver. Quitte à me perdre. Alors oui, je les vois défiler, ces gens-là, qui se pensent forts, qui se vivent invincibles. Je les observe silencieusement, allant jusqu'à noter chacun de leurs détails. Toujours ce même sourire éclatant, toujours ce même regard hautain, et ces postures prévisibles à en être grotesques. Les visages vides, défilant devant mes yeux, en une parodie de défilé.

Et puis, parfois, l'un d'entre eux trébuche. Sans s'y attendre, sans l'avoir prévu. Leur monde s'écroule brusquement, un voile noir se dépose devant leurs yeux ébahis. Et c'est la fin, la morne fin. Surpris comme ils le sont, ils ne cherchent même pas à se relever. D'ailleurs, personne ne leur a jamais appris à le faire. Personne ne pensait que cela pouvait s'avérer nécessaire.

Rien n'est jamais acquis, ni la puissance, ni la beauté, ni la fortune. Rien, absolumment rien. Nous vivons comme autant de vecteurs du chaos, issus du néant, s'entrechoquant les uns contre les autres. Rien d'autre ne compte. Rien d'autre n'est vrai.

Celui qui n'a jamais chuté ne pourra pas se relever, c'est ce que je pense. Moi, je me suis écroulé de nombreuses fois, j'ai atteins le fond à de multiples reprises. Pendant un temps, je suis même parvenu à une totale marginalité. Une parenthèse de trois ans, durant laquelle je n'avais absolumment plus rien. Durant laquelle je n'existais même plus. Je n'en suis pas fier, mais je l'accepte comme une expérience de vie. Ces trois années, elles m'ont appris à me relever. A me relever seul, sans avoir à compter sur qui que ce soit.

Si je n'étais jamais tombé, je n'aurais rien à voir avec la personne que je suis désormais.

Wednesday, December 14, 2005

Le joint utopiste...

Une forme éthérée s'élève au-dessus de ma tête. Je la goûte du bout des lèvres avant de la laisser disparaître. Timidement, elle glisse entre mes doigts, me jette un dernier coup d'oeil et puis m'abandonne à ma solitude. Maîtresse autoritaire, j'ai plus besoin d'elle qu'elle de moi. Tant pis, ça me va très bien de toute façon...

Aujourd'hui, j'ouvre mon second Blog. Le premier traitait de la Dynamique de l'Inconstance. Une notion qui m'est chère, puisque c'est sur ces pages que je peux parler de ce que je pense, et de la manière dont je vois les choses. Abstrait, un peu trop. Ici, je vais pouvoir parler de moi, de mes espoirs et de mes doutes. Ce sera donc mon journal intime, retraçant pas-à-pas mes états d'âme. Religieusement, je me promets la plus grande franchise.

Parfois, je m'oublie dans mes rêves, quitte à transformer cette réalité qui m'intéresse de moins en mois. Le rêve, c'est un peu la seule chose qui me tienne encore éveillé. Le rêve, et ses subtilités. Se noyer, glisser au plus profond de ses propres entrailles. Voir la vie différemment. Parce qu'il y a tant de choses que je m'étais promises de faire. Et, finalement, si peu de temps. J'en suis déjà à mon premier quart de siècle, et je me rends compte que je n'ai rien accompli.

Rien, le vide, mais aussi cette fumée nonchalante.

Ca doit changer.